mardi 16 septembre 2014

Au cours du Tescou



Le Tescou


    Le massacre continue


Le Tescou après



Là, on abat une forêt




Ici, on dégomme des opposants






 
 Tout ceci, au profit de l'agro-industrie et de la clique affairiste locale.

    Un projet de barrage pharaonique soutenu par les barons du coin, notamment par l'infâme Carcenac (président du conseil général, PS comme il se doit -eh quoi ! On est sur les terres de Jaurès !). Pendant ce temps, la ministre de tutelle Royal fait des bulles.
   A noter, en guise de petite nouveauté, de réjouissantes chasses à l'homme organisées par des milices, sous l'oeil amusé de la gendarmesque.
   De quoi parachever la belle ouvrage socialiste.


Plus d'infos ici .



 

vendredi 12 septembre 2014

Queue de comète (2)







    Les vieillards aiment à donner de bons préceptes pour se consoler de n'être plus en état de donner de mauvais exemples.

La Rochefoucauld.

jeudi 11 septembre 2014

Queue de comète (1)







    Si un homme se laisse un jour aller à assassiner, il en vient très vite à considérer le vol comme une babiole, et du vol il passe à la boisson et à la transgression du jour du sabbat, et finit par sombrer dans l'incivilité et la paresse.



De l'assassinat considéré comme un des Beaux-Arts, Thomas de Quincey.



jeudi 4 septembre 2014

Flying circus






Bel Acueil se taist et escoute
Por la vielle que il redoute,
Et n'est si hardis qu'il se moeve,
Que la vielle en li n'aperçoeve
Aucune fole contenance,
Qu'el scet toute la vielle dance

Guillaume de Lorris, Le Roman de la Rose.




Au fort, puisque suis en la danse,
Bon gré maugré, m'y fault fournir,
Et n'y scay de quel pié saillir.
Charles D'Orléans, Chanson.



mercredi 3 septembre 2014

De ma lucarne






     Pendant les grands froids de l'an dernier, il venait en matinée, aux places à bon marché, une nouvelle clientèle de très vieilles bonnes femmes vêtues de deuil, qui n'avaient plus de feu chez elles. Quel dur et long hiver ! Et voici qu'un autre s'approche. Nous formions là un groupe serré d'"économiquement faibles", ainsi que l'on nous nomme. Quelques-unes de ces personnes continuaient à tricoter durant la projection.
    Oui, on oublie les tracas, la disette, le manque de viande ou de vin, les prix fous de la rue... Et l'on s'oublie soi-même, en toutes saisons.
    Chaude température, des vasques qui s'éclairent en rose et en bleu à l'entracte, des palmiers, de la couleur rouge, des dorures... c'est plus beau que chez nous. On se vautre dans la peluche bleu ciel, on fume, on s'amollit, et l'on finit par prendre des allures de pachas, de moukères parmi cette atmosphère de luxe un peu oriental, on verse doucement dans l'hédonisme. C'est peut-être ce qui fait le charme du Saint-Pierre Palace.
   Un seul inconvénient : on est tout près de la porte des W-C et de secours ; l'odeur n'est pas insupportable, mais il souffle par là un fort courant d'air dans les pieds. Trop près aussi de l'écran, ce qui nous force à tenir la tête à la renverse. En outre, les acteurs paraissent affligés d'une même déformation crânienne : ils sont tous légèrement dolichocéphales, c'est un effet d'optique, sûrement.
    On entre de confiance, sans même, parfois, consulter le programme. La qualité du film n'a pas grande importance, ni le sujet : drame d'amour, comédie légère, aventures policières, n'importe ! Pourvu que cela ne se passe pas dans nos quartiers, mais ailleurs, chez les gens riches, chez les bandits, loin, au Far West, en Californie, aux antipodes... Ce qui compte, c'est de sortir de nos quatre murs et de notre peau, de temps en temps.
    Si, par malchance, on nous privait de cinéma, nous serions profondément affectés. C'est notre dessert, notre récompense après le travail ; c'est le beau côté de l'existence, comme si elle était réversible, une doublure tout soie. On devient sourds, muets, on s'amuse désespérément à partir de 20 h 45. Dehors, la terre peut se décrocher. On s'arrête de vivre. Plus rien à faire qu'à regarder vivre les autres : à leur tour de souffrir un peu.
    Et l'on part à regret, avec des mines de drogués ou de coupables, comme si chacun de nous se croyait complice des crimes qui se commettent à l'écran. Je suis bien certain que, si l'on fouillait à la sortie, on découvrirait des morceaux de femmes dans la poche de plus d'un spectateur.


Henri Calet, Les grandes joies du Petit-Montrouge (1947), in De ma lucarne.




James Eagan Holmes au tribunal, après la tuerie qu'il venait de perpétrer dans un cinéma d' Aurora, lors d'une projection de The Dark Knight Rises .